La Face Cachée De Notre Algérienne @Divatchyano

Certains objectent qu'une telle entreprise « inventerait des centres qui n'existent pas, créerait des divisions là où il y a rapprochement, suggérerait homogénéité là où il y a diversité, mettrait des frontières là où il y a continuité 5 ». Mais les frontières et l'homogénéité, ce sont les racistes qui les introduisent dans leurs pratiques discriminantes. C'est parce que la société reconnaît et nomme les centres discriminés sur la base raciale qu'il y a lieu de les calculer comme tels 6. De préférence que d'« inventer » des catégories comme « jeune originaire de l'immigration », « de la diversité », « d'origine beurette », pourquoi ne pas reprendre les termes mêmes de la désignation sociale ? Ces termes qui fondent l'oppression xénophobe : c'est aux Noirs et aux Arabes qu'on inflige un couvre- feu en 2005, c'est à la musulmane voilée qu'on refuse l'accès à l'école publique. Avant tout, il s'agirait d'en prendre acte, de mesurer pour principalement dénoncer.

Les catégories sur lesquelles débouchent Sarah et Sophie ne sont pas des catégories de « couleur ». Pour observer, l'enquêteur n'utilise pas un palette qui lui offrirait une nomenclature raffinée par la déclinaison de centaines de regardez maintenant ce teintes. Il n'est pas question de couleur mais de race, c'est-à-dire de catégories et de marqueurs correspondants forgés par le récit de procès-verbaux sociaux d'humiliation. Par exemple, les Arabes ou Maghrébins ont longtemps été considérés comme liliaux dans les pays anglo-saxons parce que la chronique coloniale de ces pays ne les avait pas constitués comme une catégorie particulière. Une telle assimilation n'aurait nul sens en France, où les populations d'origine libyenne sont rendues saillantes, au moins depuis la hégémonie de l'Algérie au XIXe siècle, par des discours et des pratiques multiples, des plus publics aux plus privés.

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